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Le Dauphiné Evian

Une soirée cabaret ouvre la 5ème Académie musical d’Evian-Les-Bains

Le festival de la cinquième Académie d’Evian a ouvert la série de ses 30 concerts et représentations samedi soir avec la troupe Lyr-Hic, dont le nom évoque tout un programme, dans le cadre du cycle Belle Epoque, faisant écho à l’exposition en cours à la maison Gribaldi.

Les spectateurs présents au théâtre du casino se sont résolument plongés dans l’atmosphère du Parie d’avant-guerre, avec ce spectacle intitulé « C’est toujours ça de pris » proposé par les trois talentueuses chanteuses et le pianiste de la troupe.

Le répertoire léger, enjoué et poétique des artiste de l’époque (Yvette Guilbert, Fréhel, Mistinguet et bien d’autres) témoignait de la vie quotidienne du début du siècle dernier.

Les membres de la troupe, ont véritablement séduit les spectateurs avec cette représentation tour à tour tendre, grivoise, ou espiègle, chantée sans sonorisation, avec seulement l’accompagnement au piano, pour recréer l’atmosphère intimiste propre à ce type de spectacle présenté au début du cycle dernier.

Claude Bouzin

 

L’omnibus Romainmotier

Une belle découverte

Sur scène, ans la pénombre, trois cubes de couleurs et un piano attendent le début du concert. Autour des tables, les gens parlent doucement pendant que Xavier et Anthony servent les boissons. Puis les lumières s’inversent. l’estrade se pare de douceur, le spectacle de music-hall va commencer ! François, tout de noir vêtu avec un côté très british, présentait le concert et s’installait au piano avec « Astrid » (leur mascotte, une autruche en peluche…). Trois femmes en robe noire surgissaient de la salle et débutèrent leur tour de chant avec une chanson d’Aristide Bruant « A Saint-Lazare », le ton est donné : la nostagie était au rendez-vous. Chansons de femmes uniquement, plus au moins connues des années 1900 à 1950, où tour à tour, l’ingénue, la pocharde, l’amoureuse, la prostituée au grand cœur ou la petite bonne se sont succédé sur scène; interprétée  à une, deux ou trois voix, sans sono, cela favorisait l’atmosphère intimiste de ce genre de spectacle.

Nostalgie quand tu nous tiens

La troupe « Lyr-hic! » ( c’est leur nom de scène), composée de Cécile Boner, Charlotte Robert-Briaumont et Simone Chevalley, accompagnées de François Bettens au piano, ont chanté les rengaines de nos grands-parents avec espièglerie et talent : la tendresse, l’humour ou la dérision et les sentiments de ces années-là. Pour certains, ils eurent la vision furtive, de la Miss (Mistinguette), Fréhel, Marie Dubas ou l’incomparable Yvette Guilbert, devant leurs yeux. Que du bonheur !

Le pianiste, remarquable, réussissait le tour de force d’accompagner le trio tout en finesse et légèreté, soulignant la mélodie , sans jamais s’imposer ; une discrétion qui laissait le spectateur qui laissait le spectateur se fixer sur les chanteuses et les textes. Et l’excellente diction de ces dames permettait de déguster la poésie et les jeux de mots des auteurs de l’époque !

Pendant plus d’une heure et demie, avec « Ernest » , « Elle vendait des petits gâteaux », « Sur la commode », « Mon Homme » ou encore « J’ai un faible pour les forts », les spectateurs ont couru les rues de Paris, Pigalle, les escaliers de la Butte, fréquenté le Moulin-Rouge et les cabarets, avec au final une bonne pinte de bob sang !

Texte et photo : Marlène Rézenne